AUBER SANS LA PEUR COMITÉ DE VIGILANCE D'AUBERVILLIERS
CONTRE LES EXPULSIONS DES FAMILLES ET ÉLÈVES SANS-PAPIERS
Beaucoup de familles d'Aubervilliers viennent d'ailleurs.
Les parents ont quitté leurs pays de naissance, chassés par la misère, les guerres, l'insécurité ou la violence d'état. Ils ont choisi de construire leur vie en France, malgré les difficultés qu'ils savaient y trouver.
 Des couples se sont formés, des enfants sont nés. Les nouveaux parents travaillent d'arrache pied, pour que leurs enfants accèdent à une vie meilleure. L'école française en a fait  des enfants parfaitement francophones. Depuis des années les parents assiègent les services préfectoraux pour obtenir un titre de séjour et pouvoir enfin travailler légalement. Après le grand espoir de régularisation de l'été 2006, l'application totalement restrictive et aléatoire de la circulaire Sarkozy a plongé les familles, leurs amis, voisins et enseignants dans le désespoir et la peur.
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Aujourd'hui, des familles d'Aubervilliers vivent dans la peur:
Peur de voir un ami, un voisin, un camarade, une maman, un papa, un enfant majeur, mis en rétention par la police, et absorbé par la machine judiciaire et administrative d'ou il ne sortira au mieux que profondément traumatisé et au pire éloigné de tous ses proches, vers un pays ou il n'a plus d'attaches, et d'où il rencontrera les pires difficultés pour rejoindre sa famille en France.
Peur de voir une famille, ou la sienne propre, plongée brutalement dans la misère à cause de l'éloignement forcé du soutien de famille.
Peur d'avoir un jour à choisir entre abandonner ses enfants seuls en France, à la charge des institutions, ou décider de permettre qu'ils soient eux aussi mis en détention et expulsés.
Peur de la Police alors que l'on même une vie honnête depuis toujours.
Peur pour enfants quand les parents tardent à venir les chercher à l'école.
Peur des enseignants, de voir leurs élèves perdre leur équilibre psychique après l'arrestation du papa, de la maman ou des deux ensembles.
Angoisse dans les classes, quand tous les élèves s'identifient à leur camarade enfermé, ou privé brutalement de ses parents.
Peur pour l'enfant caché, par la famille, les soutiens, les enseignants, et traqué par la police qui tente de reconduire à la frontière la famille au complet.
Peur d'être mis en rétention et de tout perdre en quelques jours:
- son travail faute de pouvoir s'y présenter
- ses économies absorbées par les frais de justice
- son logement faute de pouvoir gagner l'argent du loyer
- tous ses biens acquis en France à l'exception des 20 kilos de bagages permis lors de la reconduite.
- l'intégrité de la cellule familiale, la vie en famille.
- le bonheur de voir grandir ses enfants, autrement que sur des photos.
Peur des convocations en Préfecture, ou l'arrestation est toujours possible.
Peur aussi de ne plus avoir de rendez-vous en Préfecture, ce qui veut dire que l'on est définitivement rejeté par l'administration qui ignore les demandes de titre de séjour.
Peur de rentrer malade de la Préfecture, après avoir attendu plusieurs heures debout sous la pluie, avant l'ouverture, puis d'autres heures, trempé, immobile, dans la salle d'attente.
Peur d'être refoulé du guichet,  sans en comprendre la raison, par un fonctionnaire mal disposé.
Peur d'ouvrir la boite au lettres, dans laquelle on trouve parfois une Obligation à quitter le territoire Français, lettre de cachet moderne, par laquelle le Préfet ordonne de son propre chef la reconduite à la frontière de l'un ou l'autre (ou de l'un sans les autres).
Peur des vacances scolaires pendant lesquelles les soutiens enseignants sont moins joignables. Nous redoutons toujours de découvrir des places vides dans les classes à chaque rentrée.
Pendant les vacances beaucoup de choses peuvent se passer sans témoins.
Peur de retomber brutalement dans la clandestinité faute d'un renouvellement d'un autorisation provisoire de séjour: Les familles dont l'arrêté de reconduite à la frontière a été annulé par le juge du Tribunal administratif ont pu bénéficié d'autorisation provisoire de séjour dans l'attente d'un réexamen de situation. Ces autorisations sont renouvelées de 3 mois en 3 mois jusqu'au jour où l'administration fait savoir que le droit au séjour est refusé, ne renouvelle plus l'autorisation de séjour et adresse une OQTF (Obligation à quitter le territoire). Les familles voient soudainement tous leurs espoirs s'évanouir et redeviennent du jour au lendemain une proie pour la Police. Retourner à la clandestinité, alors que l'on pensait en sortir enfin est particulièrement cruel pour ces familles qui se croyaient sauvées par un jugement d'annulation au tribunal Administratif, contre lequel la Préfecture n'avait pas fait appel.
L'administration préfectorale impose à ces familles de saisir de nouveau le Tribunal si elle en ont encore le courage et les moyens.
Peur et incompréhension dans les classes: Beau Message d'un Prof de Paris
Le comité vous invite à brancher vos hauts parleurs et à
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C'est tout simplement du beau travail.
Qui aurait pu mieux transmettre le message ?

Cette interview a été réalisée le 4 avril 2007 par France Inter.
Le Professeur est M Michel GIBOT Professeur des Sciences de l'ingénieur.
Des professeurs et leurs élèves du Lycée Voltaire à Paris s'étaient rendus à la Préfecture pour demander le réexamen de 10 dossiers d'élèves ayant reçu  un refus de séjour de la part du Préfet de Paris.
Reportage diffusé le 5 avril 2007 sur France Inter Emission CARTIER LIBRE.
Nous ne voulons plus vivre dans l'angoisse.
Aubervilliers,
sans la peur, est notre destination.
Rapport CIMADE 2007 CRAVient de paraître:

Rapport de la Cimade sur les centres de rétention en 2007.

"Expulsions, faire du chiffre en réduisant les droits des migrants "

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 (merci de ne pas venir avec les enfants en bas âge)
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